Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

BOULNOIS, Paul, Cyprien

Né le 12 décembre 1873 à Paris 3 — Employé de commerce — Paris
Article mis en ligne le 11 février 2016
dernière modification le 12 juillet 2024

par Dominique Petit, ps
Paul Boulnois

En 1894, Paul Boulnois, après un apprentissage de typographe, travaillait comme employé, à la maison Dugendre, 19 rue du Pont aux Choux, tenue par sa mère qui s’occupait de la fabrication d’aiguilles et de pendules.

En 1890, il était membre de la Fédération de la Jeunesse socialiste révolutionnaire.
Le 29 juillet 1890, il assista à une réunion du Groupe de propagande anarchiste de Paris, 121 rue Oberkampf.
Le 30 juillet 1890, il se réunit avec quelques compagnons au bar des rues Turbigo et Réaumur, ils y décidèrent de s’assembler régulièrement, salle Horel, pour se rendre de là, dans les diverses réunions électorales et y faire de l’agitation.

Le 17 septembre 1893, il assista à une réunion organisée salle Nicaise, 1 rue des Petits Carreaux, par Tresse, pour reconstituer la Ligue des antipatriotes à l’occasion de la visite des marins russes à Paris.

Il assista le 21 octobre 1893, à une réunion tenue salle Chaboche, 92 boulevard Ménilmontant par un groupe d’Antipatriotes ; le 3 décembre 1893, chez Duprat, 11 rue Ramsey, à une assemblée du Groupe anarchiste de Montmartre ; le 10 décembre 1893, à une réunion du Groupe Antipatriote du XXe arrondissement, 70 rue d’Angoulème ; le 16 décembre 1893, salle Chaboche, à une réunion du groupe anarchiste La Jeunesse antipatriote du XXe arrondissement.

Depuis décembre 1893, il fréquentait notamment Paul Bernard et Sébastien Faure.

Paul Boulnois était inscrit sur la liste des anarchistes de la Seine au 26 décembre 1893 et sur une liste d’anarchistes dangereux en 1894.

Le 3 mars 1894, le préfet de police délivra un mandat de perquisition et d’amener, à l’encontre de Paul Boulnois, pour association de malfaiteurs. Le 6 mars, le commissaire de police du quartier des archives se présenta à son domicile, au 32 rue de Saintonge, au quatrième étage, chez sa mère. Dans sa chambre, le commissaire découvrit : trois volumes de physique et de chimie, plusieurs cahiers, écrits de main et contenant des notions de physique et de chimie, un brouillon d’une interview de Constant Martin, un imprimé Ego-Archie, une brochure Le catéchisme des miséreux, une formule de chimie écrite de sa main, un coup de poing.
Lors de l’interrogatoire qui suivit, au commissariat, il se déclara anarchiste qu’il définissait comme la négation de l’autorité de l’homme sur l’homme, croyant que l’anarchie serait le paradis sur terre. Il indiqua : « Le but que je poursuis est l’émancipation de l’homme ». Boulnois fut ensuite conduit au Dépôt. Le 7 mars, il fut emprisonné à Mazas après avoir été inscrit au fichier Bertillon. Le 18 mai 1894, il était mis en liberté.

Le 30 juin 1894, le préfet de police délivra un nouveau mandat de perquisition et d’amener.
Le 1er juillet 1894, le commissaire du quartier des Enfants-Rouges, se présenta à 6h du matin chez sa mère qui lui expliqua que son fils était parti depuis hier soir, passer la journée chez un de ses oncles à Vincennes. La perquisition ne donna aucun résultat. Le commissaire se rendit à Vincennes, pour procéder à l’arrestation de Boulnois. Fouillé, il était porteur d’un couteau. Il fut envoyé au Dépôt puis incarcéré à Mazas le 5 juillet et libéré le 10 juillet 1894. Le 6 juin 1895, le juge Henri Mayer prit une ordonnance de non-lieu concernant l’inculpation d’association de malfaiteurs.

En octobre 1895, selon le rapport d’un indicateur, il aurait déclaré ne plus vouloir s’occuper d’anarchisme, ce dont doutait fortement la police.


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