Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

BARTOLOMMEI, Angiolino

Né le 24 février 1894 à Scarlino — mort le 25 août 1960 — Mineur — Scarlino & Piombino (Italie) — Sedan (Ardennes) — Joeuf (Meurthe-et-Moselle) — Belgique — Montevideo (Uruguay)
Article mis en ligne le 15 mars 2014
dernière modification le 23 juillet 2024

par ps

C’est encore adolescent que Angiolino Bartolommei (parfois orthographié Bartolomei) avait commencé à travailler au curetage des fossés de sa région natale avec d’autres compagnons dont Ricardo Gaggioli, Narciso Portanti, Sabatino Rosa et Beroldo Bianchi. Après avoir lu L’anarchia volgarizzata de Aristide Ceccarelli et avaoir accueilli à Scarlino le compagnon Pietro Gori « comme le christ rédempteur des pauvres et des morts de faim », il adhéra au Cercle révolutionnaire d’études sociales puis en 1911 au groupe communiste anarchiste local et en 1913 commença à travailler comme caissier.

Abonné au journal L’Avvenire anarchico (Pise) et marqué par la lecture de la brochure antimilitariste Aux soldats de Tolstoi, il s’opposa à l’entrée en guerre de l’Italie, et lors de sa mobilisation à l’été 1915, fut sur le point de déserter avant d’y renoncer sous la pression de ses parents. Il fut envoyé au front dans un régiment d’artillerie, fut une nouvelle fois dissuadé en 1916 de déserter et restera au front où il sera décoré.

Revenu à Scarlino à la fin de la guerre, il paricipa en octobre 1920 à l’occupation par les anarchistes de l’église de San Marino. En septembre 1921 il appela la population à s’opposer à l’inauguration du Faisceau local au cours de laquelle il y eut des affrontements avec les anarchistes. Il s’était alors réfugié à Piombino et fut ensuite dénoncé suite à la découverte près de son domicile d’explosifs — sans doute une provocation — et fut finalement relâché faute de preuves.

En mai 1922 il décidait d’émigrer clandestinement en Suisse mais fut arrêté au col du Brenner. Après avoir été insulté et maltraité il retournait à Piombino où, menacé de mort par les fascistes, il décidait de s’exiler d’abord en France d’où le 23 mars 1923 il s’embarquait pour la Tunisie où il allait travailler aux mines de Redeves avant de revenir en France fin 1924 et de s’installer à Sedan. Puis il travailla aux laminoirs de Blagny.

En Italie il fut condamne par défaut le 10 juin 1925 pour la diffusion d’un manifeste de Malatesta en 1921, puis le 7 février 1928 à in an de prison pour « injures à la reine mère ».

En 1928 il travaillait dans les mines de Joeuf (Meurthe-et-Moselle) où le 18 novembre il tua l’agent consulaire local C. Caravadossi, un prêtre, qui lui avait proposé, en échange de la régulation de ses paiers, de dénoncer un camarade et de devenir un informateur du consulat fasciste. Il passa ensuite en Belgique où, par hasard, il fut arrêté à Flémalle pour « vagabondage et détention d’armes » et emprisonné à Liège. Suite à une demande d’extradition du gouvernement français, il fut pris en charge par le Comité de défense anarchiste (CDA) qui avec le comité international pour le droit d’asile (CIDA) animé par Hem Day et l’appui entre autres de la Ligue des droits de l’homme (LIDU) mena une grande campagne de solidarité. Condamné à mort par défaut par la Cour d’assises de Nancy, A. Bartolommei fut finalement libéré de la prison de Liège le 20 février 1930 et expulsé à la frontière luxembourgeoise. Puis il passa en Allemagne, d’où il s’embarqua pour l’Australie et finalement l’Uruguay où il s’installa à Montevideo et continua d’être en contact avec les milieux libertaires italiens dont notamment Torquato Gobbi et le groupe de compagnons animé par Luce Fabbri.

Angiolino Bartolommei est décédé à Montevideo le 25 août 1960.


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