Dictionnaire international des militants anarchistes
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Y’en a pas un sur cent… et pourtant des milliers d’hommes et de femmes de par le monde, souvent persécutés, embastillés, goulagisés et parfois au prix de leurs vies, ont poursuivi leur chevauchée anonyme à la recherche d’un impossible rêve : un monde sans dieux ni maîtres.

DAVISTER, Hubert Guillaume & DAVISTER, Nigobert JEAN |frères]

Ouvriers textiles- Liège
Article mis en ligne le 6 septembre 2021
dernière modification le 12 juillet 2024

par R.D.

Au milieu des années 1880, Guillaume Davister, mentionné à une occasion comme tisserand, reprend la librairie tenue jusque là par le militant anarchiste, Émile Piette, au début de la rue du Marteau, côté Pont du Chêne, à Verviers (pr. Liège, arr. Verviers). Avec son frère Jean, tisserand, habitant rue de Hodimont, le plus souvent cité, il succède aussi à Piette, émigré en Argentine, à la tête du cercle anarchiste L’Étincelle.

Lors des événements de mars 1886, les deux frères font circuler des listes de souscription pour aider les victimes de la répression à Liège et à Seraing (pr. et arr. Liège), organisent des meetings. Celui de Dison du 28 mars, présidé par Jean, réunit, selon eux, deux cents personnes sur le thème : « Les manifestations des meurt de faim à Liège » ; Guillaume y évoque l’éventualité de reproduire le même type d’événement. Les deux frères entrent en contact début août avec les mineurs hennuyers.

Accompagné du militant bruxellois Wysmans, Jean envisage de se rendre dans le Borinage (pr. Hainaut) puis dans le bassin de Charleroi (pr. Hainaut, arr. Charleroi) pour distribuer des secours, notamment le produit d’une collecte de la Socialist League de Londres, et pour prêcher les idées anarchistes avec l’espoir aussi de ramener de la dynamite à Verviers. Rien ne confirme cette intention. Jean fait une déclaration provocatrice devant la Commission d’enquête siégeant à Verviers en septembre 1886.

À la fin de l’année 1886 et jusqu’en juin 1887, les deux frères assurent l’édition du journal anarchiste, La Liberté. En mai 1887, ils appellent à rééditer les émeutes de mars 1886. Faisant l’objet d’un mandat d’arrêt, Jean doit alors prendre la fuite. L’un des frères était à l’été 1886 l’un des correspondants en Belgique du journal L’avant-garde cosmopolte (Paris).
C’est au domicile de Jean Davister, à l’époqie bouquiniste, qu’au printemps 1887 avait été hébergé le compagnon français Octave Jahn (voir ce nom).

Le 13 décembre 1888, à Aix la Chapelle où il trouvait depuis 5 mois, Guillaume Davister fut arrêté dans l’usine où il travaillait pour diffusion « d’écrits anarchistes allemands ». Trouvé porteur de La Révolte et de La Réforme, il fut perquisitionné par la police qui ne découvrit que des journaux et des brochures en français. Il fut alors poursuivi pour propagation, d’écrits français, avant finalement de bénéficier d’un non-lieu et d’être relâché me 7 janvier 1889.
En juin 1889 il résidait à Verviers, 53 rue de Hodement

Les frères Davister organisent encore des meetings anarchistes jusqu’en 1893 au moins, à la tête de la quinzaine de militants de L’Étincelle. Ils semblent ensuite céder le leadership du groupe aux ensivalois Hubert Sevrin et Jean Bosson. La librairie Davister subsistera rue du Marteau jusqu’à la démolition quasi intégrale de cette artère vers 1975. Après quoi, elle poursuivra encore ses activités durant quelques années seulement rue Ortmans.


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